Il existe une forme de violence dont on parle rarement : celle qui consiste à faire attendre.
Je suis tombé sur une vidéo évoquant Pas de lettre pour le colonel, de Gabriel García Márquez. Dans ce roman, un ancien colonel attend depuis quinze ans une pension que l’État lui doit. Chaque semaine, il espère recevoir une lettre. Chaque semaine, rien n’arrive.
Mais c’est une réflexion de l’auteur de la vidéo qui m’a profondément marqué :
« Faire attendre quelqu’un, c’est lui rappeler que sa vie ne dépend pas de lui, mais de la décision d’un autre. »
Cette phrase met des mots sur quelque chose que je ressens depuis des années.
Depuis 2017, nous attendons que la justice française avance dans l’affaire OKC-Spatz. Mais notre histoire judiciaire commence bien avant, en 1997, avec les premières grandes perquisitions visant la secte Ogyen Kunzang Chöling.
Près de trente ans.
Trente années pendant lesquelles nous avons grandi, vieilli, tenté de nous reconstruire et de vivre, tandis qu’une partie de notre existence restait suspendue aux décisions des tribunaux.
Et cette attente n’a rien d’ordinaire.
Car Robert Spatz n’est pas simplement un ancien dirigeant d’une dérive sectaire religieuse bénie par les plus grandes références du Bouddhisme Tibétain.
Il est le fondateur de la secte OKC, son gourou, celui autour duquel toute notre existence avait été organisée. Un pédocriminel condamné par la justice belge pour des abus sexuels et physiques sur mineurs, des faits d’emprise et d’autres infractions graves, mine de rien c’est plus de 170 chefs d’accusations qui se sont écroulés avec le temps de la Justice.
Un homme dont deux de ses anciens médecins personnels, aujourd’hui eux-mêmes sortis de l’organisation, ont décrit, selon leurs appréciations cliniques, un psychopathe doublé d’un pervers narcissique et d’un pédocriminel.
Ces termes ne sont pas, pour moi, de simples insultes destinées à exprimer mes propos.
Ils renvoient à des appréciations de professionnels qui l’ont personnellement connu. Mais au-delà de toute qualification psychologique qui en principe aurait dû informer la justice sur la dangerosité du personage, ce sont surtout ses actes, son emprise et ses crimes reconnus par la justice qui importent.
Et surtout, cette histoire ne s’est pas simplement arrêtée lorsque les autorités ont commencé à enquêter. Bien au contraire puisque ces derniers abus en Belgique se passe à la barbe des autorités près de Charleroi et qu’il a même le toupet de se tirer en Espagne, pendant l’instruction judiciaire.
Nous dénonçons depuis des années des faits et des comportements qui, selon les témoignages et signalements recueillis, se seraient poursuivis pendant les procédures judiciaires.
Des inquiétudes subsistent également sur ce qui a pu continuer à se produire après son installation en Espagne.
Ces accusations méritent d’être examinées, précisément parce que l’ouverture d’une procédure ne signifie pas nécessairement la fin de l’emprise ni celle des abus. Bien au contraire.
C’est à la lumière de cette réalité qu’il faut comprendre ce que représente notre attente.
Le temps qu’il nous a volé c’est aussi le temps qu’il a pris pour continuer ces crimes.
Nous sommes nés dans cette secte. Nous y avons passé notre enfance et notre adolescence, pour certains plus de vingt ans de notre existence.
Nous avons grandi isolés du monde extérieur, privés d’une éducation normale, d’une véritable formation, des outils les plus élémentaires pour comprendre la société dans laquelle nous allions devoir un jour vivre.
Nous avons été endoctrinés, soumis à une autorité présentée comme spirituelle et incontestable, et maintenus dans l’ignorance de la réalité des accusations et des procédures judiciaires visant l’OKC et ses dirigeants.
Pendant que la justice enquêtait, nous étions encore prisonniers de son système.
Et lorsque nous avons finalement réussi à en sortir, il ne suffisait pas de franchir une porte pour devenir libres.
Il fallait apprendre à vivre. Comprendre le monde. Acquérir une formation, trouver un travail, reconstruire des relations humaines, comprendre ce que nous avions subi et, pour beaucoup, apprendre à mettre des mots sur des violences que nous avions été conditionnés à considérer comme normales.
Il fallait également trouver la force de dénoncer celui qui avait occupé une place centrale dans toute notre existence.
Tout cela prend du temps.
Des années, parfois des décennies.
Ce temps de reconstruction n’était pas un choix. C’était une conséquence directe de l’emprise et des violences que nous avions subies.
Et pendant ce temps, Robert Spatz continuait sa vie, disposant de ressources financières et matérielles considérables, loin des conditions dans lesquelles nous tentions, nous, de reconstruire les nôtres.
Le temps qui lui a profité
C’est ici que notre histoire devient révoltante.
En Belgique, Robert Spatz a finalement été condamné à cinq ans de prison avec sursis. Le dépassement du fameux « délai raisonnable » a notamment contribué à cette issue, je ne vais pas m’attarder ici sur le rôle de la justice belge et française dans cet état des lieux.
Le droit à être jugé dans un délai raisonnable est un principe fondamental de notre justice. Et je ne conteste pas qu’il doive exister.
Mais il y a quelque chose de profondément pervers dans son application à notre histoire.
Comment un homme peut-il bénéficier du temps écoulé alors que ses propres agissements ont contribué à créer les conditions de cette attente ?
Par l’endoctrinement. Par le contrôle de l’information. Par l’isolement des victimes. Par les obstacles procéduraux. Par toutes ces années pendant lesquelles nous n’étions tout simplement pas en mesure de nous défendre.
Bien sûr, tous les retards judiciaires ne lui sont pas imputables. Les dysfonctionnements des institutions ont aussi leur responsabilité. Et ils continuent encore aujourd’hui.
Mais comment la justice peut-elle mesurer le temps écoulé sans mesurer celui qu’il nous a fallu pour échapper à son emprise ?
Comment peut-elle considérer les années de procédure sans prendre pleinement en compte les décennies de silence et de dépendance qui les ont précédées ?
Le temps qu’il nous a fallu pour devenir capables de le dénoncer a contribué à devenir le temps dont il a bénéficié pour échapper à une peine de prison ferme.
La justice lui a fait un cadeau qu’il s’est préparé lui meme.
Voilà le scandale.
Il bénéficie du temps une première fois en nous maintenant sous son emprise, dans l’ignorance et l’incapacité de nous défendre.
Il en bénéficie une seconde fois lorsque l’écoulement de ce même temps contribue à atténuer les conséquences pénales de ses actes.
Et il en bénéficie une troisième fois avec la prescription d’abus sexuels sur mineurs.
C’est pas beau comme plan ?
Et nous ? Nous avons payé chaque année de notre propre existence.
Une justice conçue par des hommes, pour des hommes
Notre justice est l’héritière d’institutions historiquement conçues et dirigées par des hommes, avec une préoccupation centrale : protéger les droits de la personne accusée contre les abus du pouvoir judiciaire.
Ces garanties sont indispensables. Personne ne devrait vouloir d’une justice qui condamne arbitrairement.
Mais à force de placer la protection de l’accusé au centre du système, quelle place réelle reste-t-il à celles et ceux qui ont subi les crimes ?
Le droit au délai raisonnable existe aussi, dans certaines conditions, pour les victimes qui font valoir leurs droits civils. Mais dans notre histoire, nous n’en avons guère vu les effets.
Lorsque le délai raisonnable est dépassé pour l’accusé, la justice peut en tirer des conséquences sur sa peine.
Lorsque les victimes ont attendu trente ans, que reçoivent-elles en compensation du temps perdu ?
Et quid de la prescription? Littéralement un laisser passer pour les pédocriminels.
Qui leur rend leur enfance ? Leur éducation ? Leur jeunesse ? Les années consacrées à survivre plutôt qu’à vivre ?
La justice reconnaît le préjudice des crimes. Mais reconnaît-elle suffisamment le préjudice de sa propre lenteur ?
Car la procédure judiciaire peut elle-même devenir une violence supplémentaire. Répéter son histoire. Revivre les abus. Attendre une expertise, une audition, une décision. Voir les années passer sans savoir si les responsables seront un jour pleinement jugés.
L’attente c’est l’horreur.
Tout cela pendant que celui qui a été condamné continue à vivre librement.
Je ne demande pas une justice privée de garanties.
Je demande une justice qui cesse de considérer le temps des victimes comme une ressource inépuisable.
L’attente comme prolongement de l’emprise, oui, car d’une manière plus subtile, Robert Spatz est en jouissance de voir son nom écris sur cette page et de constater qu’il occupe encore nos pensées et nos mots.
Nous avons quitté OKC. Nous avons rejeté son autorité. Nous avons dénoncé ses crimes. Nous avons obtenu sa condamnation en Belgique.
Et pourtant, près de trente ans après les premières perquisitions, nous sommes encore contraints de consacrer une partie de notre vie à lui, à ses actes, aux procédures qui le concernent.
Comme si, même après notre départ, il pouvait encore nous imposer son calendrier.
Vous pouvez partir, mais vous n’en aurez pas fini avec moi.
C’est cela, la violence de l’attente.
Et c’est la Justice qui l’organise.
Elle ne nous enferme plus derrière les murs de Château de Soleils ou dans les dogmes d’OKC. Elle nous maintient dans une autre forme de dépendance : celle d’une justice qui tarde à nous permettre de refermer ce chapitre de notre existence.
Le temps ne nous sera jamais rendu
Avec l’association Chardons Bleus https://chardonsbleus.org, nous continuons à accompagner les parties civiles et à nous battre pour que la justice française assume enfin ses responsabilités.
Non par vengeance. Mais parce que la reconnaissance des crimes, l’établissement des responsabilités et la fin de l’impunité sont essentiels.
Nous ne récupérerons jamais nos enfances.
Nous ne retrouverons jamais les années passées à grandir dans l’isolement, ni celles perdues à essayer de réparer les conséquences de cette vie.
Mais nous refusons que cette perte continue à profiter à celui qui en porte une responsabilité majeure.
García Márquez avait compris quelque chose d’essentiel : le pouvoir ne détruit pas toujours les êtres humains par la violence directe. Il peut aussi les détruire en les faisant attendre.
Pour nous, cette attente dure depuis près de trente ans.
Et elle révèle un paradoxe insupportable :
Celui qui nous a volé notre temps a également bénéficié du temps que la justice a laissé passer.
Nous avons payé ce temps de nos vies. Lui en a bénéficié jusque dans sa condamnation.
Il serait temps que la justice comprenne enfin que le temps des victimes n’est pas une variable d’ajustement de ses procédures ou une case à cochée pour les carriéristes qui passent sur notre dossier en le mettant de côté.
Parce qu’une justice qui arrive trop tard ne se contente pas de retarder la réparation : elle risque de prolonger la violence qu’elle était censée faire cesser.
Le pouvoir ne détruit pas toujours les humains par la violence, il l’est détruit aussi et souvent par l’attente.
Faire attendre quelqu’un, c’est lui rappeler que sa vie ne dépend pas de lui, mais de la décision d’un autre.
C’est ce que la Justice fait du haut de son piédestal.
I was thinking continuing or forking the work done by the excellent indie.pass to bring a #Micropub mobile app to the stores… But… Since I have managed to make Plume work on mobile, I’m questioning the need for a native micropub mobile app altogether.
This post is created from Plume on my mobile, it works on Vivaldi or Firefox mobile nightly, out of the box.
Publishing and maintaining app stores app have become so tedious, I’m not sure I want to do any of that if I can avoid it.
J’aime bien ce que fait Infomaniak dans tous les domaines de la Tech que cette boîte Suisse touche depuis plus de 30 ans, c’était d’ailleurs mon premier hébergeur pour mes premiers sites Web il y a plus de 20 ans…
Ce qu’il font avec l’IA et leurs datacenters est un modèle à suivre en terme d’intégration dans la ville, la prise en compte de leur impact climat et leur capacité à recycler la chaleur produite pour de l’eau chaude, douches, chauffage et j’en passe.
Comme quoi c’est possible de faire autrement.
I dunno about you but I can’t wait for Musk’s 276M #midterms rescue to become a total waste of money, like everything he does.
Nice…
Lorsque, au nom de la modération, les centristes qualifient toute alternative raisonnable à l’austérité sévère d’« absurdité », ils ne laissent aux électeurs qu’une seule rébellion électorale – et l’extrême droite est heureuse de la fournir.
https://regards.fr/melenchon-a-raison-sur-la-dette-de-la-france-par-yanis-varoufakis/
Testing indiekit beta 31
Testing indiekit beta 30
Hmm it seems #Funkwhale gitlab is down : https://dev.funkwhale.audio/funkwhale/funkwhale/-/issues
I wanted to update my Funkwhale bare metal deployment
La Face Cachée du Yoga par Elodie Emery provoque exactement les mêmes réactions que les abus criminels dénoncé dans d’autres milieu : Bouddhisme tibétain, Catholicisme, Cinéma, Politique, Culture.
Des violences sexuelles sont dénoncées et, à chaque fois, le même refrain : « Oui, mais pas tous les hommes », « Faut arrêter de généraliser », « Pas dans notre communauté », « Pas mon maître ».
On pourrait changer de disque, là ?
Nous, les hommes, sommes-nous si fragiles que, face à des crimes graves, notre premier réflexe soit de défendre notre image ? Et dans les milieux concernés, la réputation d’une religion, d’une pratique ou d’un maître compte-t-elle davantage que les personnes qui ont subi ces violences ?
Avant même un mot de solidarité pour les victimes, voilà qu’on monte les barricades : « Oui, mais moi, je n’ai rien à voir avec ça. » Très bien. Alors, qu’est-ce que vous faites pour que ça cesse ?
Personne ne vous demande de vous déclarer coupables de crimes que vous n’avez pas commis. On vous demande d’être capables, une seconde, de regarder ailleurs que votre nombril. D’écouter les victimes, de les soutenir et de remettre en question ce qui permet à ces violences de perdurer, y compris dans les milieux auxquels vous êtes attachés.
Si votre première indignation porte sur la réputation de votre milieu plutôt que sur les violences qu’on y dénonce, il serait temps de revoir vos priorités.
Franchement, cette solidarité qui va spontanément à l’image du groupe plutôt qu’aux victimes, ça fait pitié.
On avance vers le milestone de la v1 à grand pas !
Updated my local-ai for https://frame.work 16 laptop
This is a test from Plume & beta indiekit version
CROW: Classifier-Routed Organization of LLM Wikis
Les forces du désordres (🇫🇷 🇧🇪) sont entrain de produire la plus grande montée en puissance d’une génération qui ne va jamais oublier, qui ne va jamais pardonner et qui va dégager par les urnes, dès qu’elle pourra voter, toute la clique de facho élu qui forme aujourd’hui la caste politique.
Partout, les convulsions du vieux monde ne sont que les spasmes d’un ordre en fin de course, incapable d’offrir à sa jeunesse les conditions pour s’épanouir. Alors il frappe, réprime et s’accroche. Mais cette génération en a assez de prendre des coups tout en se voyant confisquer son avenir.
Le monde de demain commence par ce que nous refusons d’accepter aujourd’hui.
J’échange beaucoup avec ma fille sur ce qu’il se passe en France et en Belgique et ailleurs (Palestine, Iran, etc) et honnêtement je suis fier d’elle, fier de cette génération politisée, fier qu’ielles ne baissent pas les bras, moi je dis la relève est assurée et les gouvernements vont se ramasser une leçon magistrale, car dans la guerres de communication qui fait rage, ils ont déjà perdu et ils ne s’en rendent même pas compte.
Il y aura beaucoup d’encre versée sur cette période et autant de critiques de canapés, mais cette jeunesse ne vas pas se plier devant le neofascisme qui vient, devant les mensonges d’une caste politique aveuglée par sa propre bulle coupée de la réalité.
Il faut tous les dégager, on le pensait déjà il y a 20 ans et de fait rien n’a changé, la génération militante d’avant s’est peut être rangée, voire assoupie, mais elle sent d’autant plus fort le vent qui se lève porté par une génération qui n’a pas froid aux yeux et qui va découvrir dans les luttes sociales et politiques, les graines des mouvements politiques de demain, adapté au monde de demain, celui qu’ils et elles voudront bien construire.
Chasser le vieux monde ne se fera pas sans effort, persévérance, il y aura des bras cassés, des éborgnés, voir pire, car les forces du désordres n’ont plus qu’une obsession en tête : mater, tuer, noyer, toute forme de remise en cause du désordre établi.
Ça ne passera pas.
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Apparently, asking whether the United States interferes in Europe is still too uncomfortable for some of the institutions supposed to defend us against foreign interference.
Rapporteur reports that the EEAS, Lithuania’s foreign ministry and Global Affairs Canada disappeared from the supporters’ list of an EU DisinfoLab conference amid controversy over a panel examining American interference. A Lithuanian official explicitly linked his withdrawal as a speaker to disagreement over the assessment of the United States. The reasons for the EEAS and Canadian withdrawals remain unconfirmed.
The possibility that such a discussion could cost a conference institutional support is already appalling. Treating American interference as an unthinkable possibility is ludicrous. The record stretches from attempts to shape European elections to surveillance of European institutions, military pressure and sanctions against international judges.
In a 1948 report published by the US State Department, the American ambassador in Rome described his embassy’s organised efforts to strengthen selected parties ahead of Italy’s election. These included distributing political material and publicising warnings that American assistance could disappear if the Communists won. Washington was actively trying to influence another country’s democratic choice.
Decades later, Snowden’s disclosures exposed US surveillance targeting EU diplomatic missions and French, Italian and Greek embassies. The European Parliament subsequently called for guarantees against US espionage targeting EU institutions and facilities.
Then there is Belgacom. Documents exposed in 2013 attributed Operation Socialist to Britain’s GCHQ. An expert report commissioned by Belgium’s intelligence oversight body, drawing on the Snowden disclosures, described the apparent use of NSA-controlled servers to infect employees’ computers. The European Parliament raised the possible consequences for EU institutions using Belgacom’s services.
The available public evidence places Belgacom within the wider GCHQ–NSA intelligence-sharing partnership. It does not disclose the operation’s entire chain of command or every communication intercepted. We are examining the portion of a classified system exposed through leaks, investigations and official records. That visibility is incomplete. It is no reason to minimise the breaches of trust already documented.
European countries. European allies. The European Union itself.
All of this predates Trump.
Nor were Americans immune from abusive surveillance before him: in 2014, the US Privacy and Civil Liberties Oversight Board concluded that the bulk telephone-records programme lacked a viable legal foundation. The existence of legal safeguards and the willingness of intelligence agencies to respect them are separate questions. And American authorisation has never amounted to European consent.
Trump’s two presidencies added further examples of dependence being turned into political pressure.
In his first term, his administration withheld congressionally appropriated security assistance to Ukraine. The US Government Accountability Office concluded in January 2020 that the withholding violated the law.
In March 2025, Washington paused military assistance and intelligence-sharing with Ukraine while pressing Kyiv towards negotiations. The joint statement of 11 March announced their resumption alongside Ukraine’s acceptance of a proposed ceasefire, subject to Russian agreement. That sequence showed how quickly support for a country resisting invasion could become an instrument of pressure on that same country.
The diplomatic shift was equally stark: on 24 February 2025, the United States voted alongside Russia against the UN General Assembly resolution on a just and lasting peace in Ukraine. These decisions do not make Washington responsible for every subsequent Russian attack. They do make blind confidence in American commitment to Ukraine’s sovereignty impossible to justify.
The same coercive logic runs through Trump’s approach to NATO. In February 2024, he said he would encourage Russia to do “whatever the hell they want” to allies he considered insufficiently committed to defence spending. In June 2025, NATO agreed a target of 5% of GDP by 2035: at least 3.5% for core defence, with up to 1.5% for broader defence and security expenditure.
I am not opposed to Europe taking greater responsibility for its defence. We need the capacity to act without waiting for Washington. But threatening to abandon allies to Russian aggression turns a security guarantee into a means of extracting compliance.
JD Vance made the political dimension explicit at Munich on 14 February 2025. In his speech, he presented Europe’s internal politics as the threat he feared most, attacked its handling of speech and migration, and rejected political firewalls. The same day, he met AfD leader Alice Weidel ahead of Germany’s election. I regard that as an overt intervention in Europe’s political choices: an American vice-president using his office to pressure Europeans over whom they should admit to power. Being public does not make that pressure politically neutral.
On Palestine, the obstruction is there in the voting record. On 4 June 2025, the United States vetoed a Security Council resolution demanding a permanent ceasefire in Gaza and the lifting of restrictions on humanitarian aid. Every other member voted in favour.
And when international justice reaches American or Israeli conduct, Washington has moved to punish those administering it. Trump’s first administration sanctioned ICC prosecutor Fatou Bensouda and senior official Phakiso Mochochoko in 2020. Those measures were revoked in 2021. In his second term, Trump issued a new sanctions order, explicitly attacking the ICC’s actions concerning the United States and Israel. It provides for asset freezes and restrictions on supplying funds, goods and services to designated people.
The consequences reach into ordinary life in Europe.
In sworn testimony to France’s National Assembly on 8 April 2026, French ICC judge Nicolas Guillou described the cancellation of his Visa card, loss of digital services and blocked health-expense reimbursements. His French bank had retained him as a customer but had not provided a replacement payment card. He attributed the insurance problem to European companies’ excessive compliance with American sanctions.
A French judge, living in Europe, facing restrictions on everyday life because of a decision taken in Washington.
The Microsoft case requires precision. Associated Press reported, citing ICC staff, that prosecutor Karim Khan lost access to his Microsoft email. Microsoft denied suspending services to the ICC as an institution. Questioned about Outlook and Office 365, Guillou said Microsoft’s position on services to sanctioned individuals had changed over time. He also confirmed that the court was migrating towards non-American alternatives.
This remains a live problem. On 1 October 2026, Reuters reported that the ICC and AXA had ended their insurance contract. The court confirmed the change without specifying a reason; the Financial Times, cited by Reuters, reported that AXA had invoked risks from US sanctions.
AI services carry the same dependency. Anthropic’s commercial terms restrict access involving US-sanctioned persons and allow service suspension where provision is prohibited by law. That establishes a mechanism for exclusion; it does not establish that a particular ICC judge’s AI account has already been closed. Building public institutions around these services means accepting that external legal and political decisions can affect their availability.
Espionage, electoral intervention, military pressure, sanctions and foreign information manipulation are distinct activities. Together, these documented episodes demolish the assumption that alliance with Washington protects Europe from American coercion. Allegations of FIMI deserve scrutiny according to the evidence, including when the actor is American.
Past US support for European integration cannot erase that record. Washington’s own internal policy documents connected that support to American strategic objectives. A stronger Europe serving those objectives and an autonomous Europe willing to oppose them are very different propositions.
Europe needs a backbone. A spine to resist interference from any power, including the United States. No ally should receive an exemption from scrutiny, and no history of cooperation should oblige us to accept coercion.
We need to abandon the comforting assumption inherited from the post-war Atlantic order that whatever serves Washington must, by default, serve Europe too. It does not. American interests are American interests. Any alignment with ours has to be established on the merits, issue by issue.
The internet, markets, climate, democracy, agriculture: in none of these areas should American priorities be our starting point. We should decide what protects our citizens, our rights, our food systems, our public services and our environment. Where cooperation serves those aims, cooperate. Where American demands undermine them, we need the capacity and the political will to refuse.
Trump has made the cost of dependence impossible to ignore. Yet too much of Europe’s institutional response still looks like an attempt to endure an unpleasant interruption, keep Washington comfortable and wait for a more familiar president. Waiting for America to “return to normal” is no strategy for European independence.
The old normal of unquestioned trust is gone. Kaput. Another administration may change American policy; it cannot erase the demonstration of how easily our dependencies can be used against us. Returning to the same vulnerability after seeing that would be a conscious political choice.
Europe needs the practical ability to defend Ukraine, pursue justice for Palestinians, protect its institutions and keep its judges, researchers and public services functioning. That requires control over more than military budgets. It requires resilient communications, payments, software and access to computing—and officials willing to defend European decisions when Washington objects.
European sovereignty means being able to say no to the United States—or any other power—and still function the next morning.
Europe is ready to talk about foreign interference provided it does not have to identify the US as a possible source
Surréalisme belge : vu sur le site internet de Lalibre.be en étant connecté en lisant un article sur leur site depuis mon mobile en Wifi:
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
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The reason I moved to my own AP instance, based on Fedify, isn’t yours but I’m not looking back, my own domain is my Fedify/Indiekit server and I love how I can reply to you from it, without having to open Mastodon or have a Mastodon account.
The downside was to develop a full blown ActivityPub extension for Indiekit, which was also a very rewarding experience to better understand how AP works but it also cost me time and headaches, since stability is a moving target, things break and I’m constantly finding things to fix and improve while I’m eating my own implementation.
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For the timeline issue I have built a UI from which I can follow any Public time lines from any Mastodon instance and I use it as a Discovery approach for when I’m bored and am looking for new interesting people to follow, for example I can quickly skim who use #indieweb on any instance I’m monitoring or any other tag by the way, which allows me to find interesting people that I get on my timeline after following them.
And for me and my use case that’s more than enough 😊
La pauvreté de la pensée dans les médias français et belges est quasi un cas d’école : on assiste à un système qui, au lieu de regarder la poutre dans ses propres yeux, se vautre dans la violence et les accusations contre l’Autre, ici LFI ou les blocs radicaux, pour construire le mythe de la rationalisation de la violence qu’il produit envers les personnes qu’il prétend représenter.
Et ça va s’empirer, l’état français a depuis longtemps perdu tout contact avec la réalité, le tout alimenté par des forces du désordres endoctrinées, infiltrées par des éléments radicaux extrêmes qui trouve dans “les forces de l’ordre” un milieu pour exercer, contre une partie de la population, le monopole de la violence de l’état, contre sa population.
C’est à gerber en fait.
According to “Middle East Eye” (https://www.middleeasteye.net/news/israeli-embassies-uk-us-promote-copycat-naza-weeks-after-originals-venice-triumph), Israeli embassies in Britain and the United States are promoting a rival to NAZA to challenge allegations of genocide in Gaza. It even borrows the name: “NAZA: The Real Story” (https://nazadocumentary.com/).
The arrogance is staggering. A state confronted with evidence of its own crimes mobilises its diplomatic machinery to sell the world a more flattering version. As though Palestinian lives could be buried a second time, beneath a better communications campaign.
The original “NAZA, by Yuval Abraham and Rachel Szor” (https://www.theguardian.com/film/naza), brings forward testimony from Israeli military insiders. But the evidence extends far beyond one film. “Amnesty International’s investigation” (https://www.amnesty.org/en/documents/mde15/8668/2024/en/) documented civilian killings, destruction, forced displacement and the denial of essential supplies, concluding that Israel had committed genocide against Palestinians in Gaza.
What disgusts me is the assumption behind this exercise: that enough messaging can make the world look away. That the destruction of Palestinian life can somehow become a matter of choosing which trailer you prefer.
A counter-documentary must answer the evidence. Borrowing a title and obtaining embassy endorsements proves nothing. Neither does putting military officials in front of a camera to explain themselves absolve them of responsibility.
And alongside this campaign comes the branding of the filmmakers as traitors. “El País reports” (https://english.elpais.com/culture/2026-09-27/the-suffocation-of-israeli-filmmakers-critical-culture-is-now-regarded-as-an-act-of-treason.html) that Culture Minister Miki Zohar called Abraham and Szor traitors and demanded that their citizenship be revoked. Filmmaker Uri Rosenwaks described the threats against them: “People are calling for them to be hanged, for them to be killed.”
Calling for filmmakers to hang because they expose your country’s violence is barbaric. A minister branding them traitors helps create a climate in which persecution can pass for patriotism. The message reaches every journalist, artist and witness: speak, and you too could become a target.
The historical parallel with Nazi Germany lies in this treatment of dissent as betrayal. The “United States Holocaust Memorial Museum documents” (https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/the-press-in-the-third-reich) how the Nazi regime crushed independent newspapers, drove journalists into exile and used imprisonment and concentration camps against those deemed to be harming Germany. That history shows where the demand for absolute national loyalty can lead when exposing wrongdoing becomes an offence against the nation.
More than 200 Israeli filmmakers have expressed solidarity with Abraham and Szor. Their resistance matters. So does recognising the authoritarian logic of those threatening them: protect the state’s reputation, punish the people who expose its violence, and teach everyone else to stay silent.
Israel’s reckless violence and its government’s arrogant denialism belong in the same historical record. Every effort to sanitise that record deserves scrutiny, especially when it carries the authority of a state.
No film will bring back the dead. No publicity campaign will undo the destruction. No counter-documentary will erase the crimes or cancel the demand for accountability.
Watch the “original NAZA trailer” (https://www.theguardian.com/film/video/2026/sep/25/naza-official-trailer). Read the evidence. Refuse the invitation to forget.
Pas du tout surpris de voir la ministre de l’éducation belge utiliser exactement les mêmes propos que ce qui se fait chez nos amis français, la caste politique belge a l’art de bêtement suivre la France comme des moutons comme si les lycéen-es n’avaient pas de motivations autres que celles d’être “manipulé” par de soit disant mouvement radicaux dont il faut encore déterminer la provenance réelle : c’est pas la première fois que le monopole de la violence (l’état) orchestre des éléments radicaux qu’il utilise ensuite pour discréditer un mouvement citoyens 100% légitime, ça fait malheureusement partie des tactiques de bases qu’on retrouve à l’œuvre dans toutes bonne démocratie malade qui se respecte.
Le mythe du “black bloc” sert davantage l’état et son monopole de la violence qui lui donne la rethorique dont il a besoin pour activer la répression et la violence contre des adolescents, des enfants en jouant de la polarisation de la société pour noyer le poisson et faire accepter l’énorme violence déclenchée qui en découle.
C’est à chaque fois le même scénario : les véritables revendications sont noyées au profit d’un “débat” souvent noir ou blanc sur la violence, toujours la même, celle des “casseurs”, jamais celle de l’état, qui lui organise la violence et la précarité de toute une génération qui est censée baisser la tête et obéir plutôt que de se lever pour exiger des conditions dignes.
Et ça fait des décennies que ça dure, les émeutes des banlieues de 2005 sont déjà loin, plusieurs ministres de l’intérieur ont participé à la création du mythe d’un état dit démocratique qui face à la gronde populaire se voit dans l’obligation de casser tous mouvements citoyens d’envergure qui remettrait le status quo en question.
L’important n’est plus le progrès pour nos démocraties malades, c’est la permanence Éternelle de la dégénérescence démocratique organisée par ceux-là même qui prétendent nous représenter.
Les problèmes systémiques de nos gouvernements sont des bombes à retardement qui ont été plantées par nos gouvernements.
Il n’y a pas à faire des efforts ou se serrer la ceinture, tout à été prémédité, c’est une forme de terrorisme politique appliqué à grande échelle déguisé en crises à répétitions qui ne sont que le fruit de leurs propres décision politiques.
La dette Le climat La misère Les paradis fiscaux
Tout à été décidé.
l’inertie politique est la quintessence de l’exercice d’un mandat politique : s’engraisser et ne rien faire tout en prétendant savoir quoi faire pour se faire élire.
Nous savons prévoir. Vous avez décidé de ne pas gouverner.
Les enfants qui entreront à l’école en septembre 2031 sont nés. Vous les avez comptés. 643 905. Vous savez où ils vivent. Vous avez publié des projections jusqu’en 2070.
Et en septembre 2031, vous direz que vous ne pouviez pas prévoir.
Ce texte est écrit pour que cette phrase ne soit plus disponible.
Pas à un homme. Un homme, ça se remplace, et vous comptez là-dessus.
Je parle à ceux qui signent. Au Premier ministre qui a signé le décret de 2006 transformant le Commissariat général du Plan en centre d’analyse, à celui qui a signé celui de 2013, à celui qui a signé la fusion de 2025. À la direction du Budget, à Bercy, dont le métier est d’arbitrer sans avoir à motiver, et qui a cherché 12 % d’économies sur le 1 % de Matignon consacré à penser le pays dans vingt ans. Aux ministres de la Justice, de la Santé, de l’Intérieur, de l’Éducation qui ont reçu les rapports, lu les chiffres et défendu en séance le budget qui les ignorait. Aux majorités, de droite comme de gauche, qui ont voté ces budgets chaque automne depuis trente ans. Aux conférences des présidents qui ont tenté, trois fois, de bloquer une loi sans étude d’impact, et aux neuf du Conseil constitutionnel qui, trois fois, vous ont donné raison.
Vous, c’est une chaîne de signatures. Elle a des noms, des dates et des numéros de décret. Vous êtes identifiables un par un, et vous avez organisé le système pour qu’on ne vous nomme jamais ensemble.
Je le fais ici.
Arrêtez de dire que vous ne saviez pas.
Vous saviez pour les tribunaux. Vos propres états généraux l’ont chiffré en 2022 : 1 500 magistrats, 3 000 greffiers, 2 000 agents. Vous saviez pour les urgences : votre Cour des comptes l’a écrit en 2024. Vous saviez pour les forêts : vos pompiers vous le disent chaque printemps. Vous saviez pour les professeurs : vous avez relevé le niveau de diplôme en 2022 sans même calculer ce que ça ferait au vivier, et vous avez fait marche arrière quand les classes sont restées sans enseignants.
Six mille affaires criminelles en attente. Six ans pour juger un viol. Ces chiffres ne sont pas les nôtres. Ce sont les vôtres, présentés par votre ministre, au conseil des ministres, en mars.
Vous n’avez pas un problème de connaissance. Vous n’avez jamais eu un problème de connaissance. Vous avez plus de données, plus de calcul et plus d’études que n’importe quel État avant vous, et vous commandez encore une étude, ce qui est une manière respectable de ne rien faire pendant dix-huit mois.
Rien ne vous manque. Sauf une obligation d’en tenir compte.
Trois mille magistrats ont signé une tribune. Cinq mille cinq cents en une semaine. Six sur dix. Ils ont écrit qu’on leur laissait le choix entre juger vite et mal, ou juger bien dans des délais inacceptables. Un vice-procureur a écrit qu’il devait « survoler certains dossiers ». Un autre a parlé de « l’abattage ». C’est leur mot.
Vous avez appelé ça une doléance. Vous avez reçu une délégation.
Mettez la même information dans un tableau, une ligne, une colonne, « capacité soutenable : cent quatre-vingts dossiers », et elle devient de l’expertise. L’expertise, elle, entre dans vos arbitrages.
C’est la même information. Ce n’est pas le même pouvoir. Et c’est vous qui avez décidé, en amont de tout, quelle parole avait le droit de vous contraindre : celle du cabinet de conseil, oui. Celle du greffier qui ne tient plus, non.
Vous avez un mot pour la marge : une dépense.
Un camion qui ne roule pas coûte de l’argent. Un pompier qui attend coûte de l’argent. Un lit vide coûte de l’argent. Un magistrat de plus coûte de l’argent. Une école construite avant la saturation coûte de l’argent.
Alors vous avez coupé. Et regardez ce que vous avez coupé en premier.
À l’hôpital, en dix ans, les effectifs ont augmenté. La part des administratifs est restée la même. Celle des infirmiers aussi. Ce que vous avez supprimé, ce ne sont pas des gens. Ce sont des lits. Parce qu’un lit vide ne fait pas grève. Une réserve d’eau ne se syndique pas. Un camion qui ne roule pas n’écrit à personne.
Vous n’avez pas confondu efficacité et absence de marge. Personne n’a rien confondu. Quelqu’un a fermé des lits, quelqu’un d’autre a inscrit la fermeture en gain, et un troisième a signé. Ce sont des noms, des dates et des montants. Ce ne sont pas des circonstances.
Je ne vous accuse pas d’imprévoyance. Ce serait vous faire un compliment.
Il n’y aura jamais de journal télévisé pour les trois cents maisons qui n’ont pas brûlé. Pas de reportage sur l’enfant qui n’a pas été agressé parce que son dossier a été traité à temps. Pas de ruban à couper devant l’hôpital qui n’a pas été débordé. La prévention est invisible, et vous le savez mieux que quiconque.
Alors vous arbitrez contre elle. Et vous avez raison, dans votre calcul : ce que vous abandonnez ne se verra pas, ce que vous financez à la place se verra. Vous ne vous trompez pas. Vous comptez correctement.
C’est précisément pour ça qu’on ne vous demandera plus de bonne volonté.
L’été arrive. La forêt brûle. Vous découvrez le feu.
La rentrée arrive. Il manque des professeurs. Vous découvrez les enfants.
Les tribunaux débordent. Vous découvrez les dossiers. Les urgences saturent. Vous découvrez les malades.
Puis la crise quitte les journaux, et vous recommencez l’année suivante.
Ce n’est pas de l’oubli. Ce n’est pas de l’amnésie. Un cycle qui se reproduit à l’identique pendant trente ans n’est pas un dysfonctionnement. C’est un fonctionnement, et il fonctionne pour vous.
La catastrophe vous rend un service précis : elle transforme un arbitrage ancien en événement neuf. Un arbitrage a un auteur. Un événement tombe. Alors vous vous indignez, vous convoquez, vous ouvrez une enquête, et l’enquête vise toujours celui qui tenait le volant. Jamais celui qui avait vidé le réservoir quinze ans plus tôt.
Au printemps, après la mort d’une enfant, le président de la République a dit qu’il ne voulait « entendre aucun argument de moyens ». Bien sûr. L’argument de moyens, c’est le seul qui remonte jusqu’à lui.
Un pouvoir qui organise chaque année sa propre mise en accusation, à condition qu’elle porte sur ses agents et jamais sur ses arbitrages, n’a rien à craindre de nos colères. Vous les avez prévues aussi.
Une justice qui met six ans à juger un viol n’est pas en panne. Elle trie. Le tri est ce qu’elle produit, et le tri a des bénéficiaires.
Une école à qui il manque des professeurs, toujours dans les mêmes quartiers, ne rate pas sa mission. Elle en remplit une autre, que personne n’a écrite.
Un hôpital sans lits n’échoue pas à soigner. Il décide qui attend et qui passe.
Vous appelez ça un manque. Le mot sert à ne nommer ni les gagnants ni les perdants. Mais il y en a. Ceux qui attendent six ans d’être jugés paient pour d’autres lignes budgétaires, choisies par des gens identifiables, à des dates connues.
Ce n’est pas une défaillance. C’est une décision de répartition. Dites-le, ou nous le dirons à votre place.
On vous a demandé de répondre. Trois fois.
Le Pays de Galles vous a montré la voie en 2015 : un organisme public qui n’écoute pas doit s’en expliquer. Dix ans après, l’auditeur gallois conclut à un manque de mordant, et la loi ne touche toujours ni aux effectifs ni au budget.
Le Conseil d’État vous a demandé, avec Grande-Synthe, de justifier votre trajectoire climatique. Vous avez répondu. Il a trouvé ça suffisant. Il a refermé le dossier en 2025. Vos émissions baissent cinq fois moins vite que votre propre trajectoire. Frais de procédure : 6 000 euros.
Et vous avez écrit dans la Constitution, en 2008, la sanction maximale : pas d’étude d’impact sérieuse, pas de loi. Elle a servi trois fois. Trois fois, vous avez saisi le Conseil constitutionnel le jour même. Trois fois, il vous a donné raison. Il compte neuf membres. Vous en nommez trois. Vos deux présidents de chambre nomment les six autres.
L’arbitre est désigné par ceux qu’il arbitre. Vous ne l’avez pas subi. Vous l’avez construit ainsi.
Ce qui a manqué n’est ni le juge, ni l’obligation, ni la sanction. C’est que personne n’a jamais eu à juger si votre réponse en était une. Tant que produire le document suffit, vous cochez la case.
Ne dites pas que c’est impossible. Vous l’avez fait.
Une banque a un ratio de fonds propres. Il est écrit. Il est le même pour tout le monde. Quand elle passe dessous, les conséquences tombent sans que personne ait à les vouloir : dividendes plafonnés, rachats d’actions plafonnés, bonus plafonnés, soixante pour cent, quarante, vingt, zéro. Personne ne demande à la banque si elle s’est bien expliquée. Le chiffre est franchi ou il ne l’est pas.
Vous avez su écrire ça. Pour des bilans.
Vous n’avez pas su l’écrire pour un tribunal, une caserne ou un service d’urgences. Ce n’est pas une différence de technique. C’est une différence de qui vous vouliez protéger.
Alors écrivez-le.
Aucun magistrat ne peut se voir affecter plus de tant de dossiers. Aucun territoire ne descend sous tant de lits pour tant d’habitants. Aucun massif classé à risque n’entre en période rouge sans tant de moyens positionnés. Une phrase. Pas de rapport. Pas de cabinet. Un greffier n’a pas besoin de modéliser 2050 pour compter quatre cents dossiers sur son bureau.
Vous direz que c’est rigide. Que ça ligote le gestionnaire. C’est vrai. C’est exactement ce que dit une banque de son ratio, et vous ne l’avez jamais écoutée.
Nous ne vous demandons pas de prédire l’avenir. Nous vous demandons d’accepter que vous ne le connaissez pas, et de signer.
Aujourd’hui, la phrase disponible après la catastrophe est : « nous n’avions malheureusement pas les moyens ». Elle n’a ni auteur, ni date, ni montant.
Demain : « nous savions que cette décision créerait cette vulnérabilité, et nous avons mis l’argent ailleurs ». Signée. Datée. Chiffrée.
Vous garderez le droit de ne pas suivre. Vous perdrez le droit de vous taire.
Ce n’est pas neutre, et je ne vais pas prétendre le contraire. Ça vous retire quelque chose de précis : le silence, qui est un pouvoir réel et confortable. C’est pour ça que vous le combattrez, tous, quelle que soit votre couleur. Et je n’ai pas de réponse à la seule question qui compte : qui voterait un texte pareil, puisqu’il ne peut être voté que par ceux à qui il retire quelque chose ? Ce texte décrit une contrainte. Il ne dit pas comment on vous l’impose. Ça, c’est notre affaire, pas la vôtre.
Vous savez parfaitement engager l’avenir.
Un emprunt à trente ans survit à vos majorités. Un contrat signé aujourd’hui est exigible en 2056. Une concession, un bail, un brevet, une retraite : vous avez construit des machines à faire tenir une promesse bien après votre départ. Il y a un juge au bout, et un huissier après le juge.
Vous n’avez donc jamais perdu la capacité de vous engager à long terme. Vous avez choisi lesquels de vos engagements seraient exécutoires. Une créance a toute une machine pour se faire payer. Une vulnérabilité annoncée pour 2040 n’en a aucune.
Les enfants de la rentrée 2031 existent dans vos statistiques. Ils existent dans vos projections. Ils n’existent nulle part comme créanciers. Personne ne peut, en leur nom, vous faire payer votre silence.
Une banque a un nombre. Une école n’en a pas. Un tribunal non plus. Une caserne non plus.
Ce n’est pas parce que ce serait plus difficile à écrire.
C’est parce que vous ne l’avez pas voulu.
Voilà ce qui manque. Pas les modèles. Pas les données. Pas un nouveau commissariat.
Un titre exécutoire. Contre vous.
Je me suis créé un petit service sympa qui me permet de recevoir toutes les notifications de la @skyfleet.blue sur mon téléphone grâce à NTFY, le but n’est pas de répondre à toutes les personnes mais plutôt d’intervenir si une source est compromise, ou si un post doit être modéré etc… C’est un outil de modération qui agrège les notifications, citations et réponses au 40 comptes de la flotte.
Plume 1.7.0 is now available on both Firefox and Chrome like stores, still a few quirks to fix on mobile but it works… Writing this and syndicating to Bluesky & Mastodon from Plume.
Testing Plume Micropub extension from Vivaldi mobile 😀
Very interesting article, connecting the dots for why we’re in the cluster fuck we’re in now.
Testin Plume 1.7.0
When this version review is accepted, you should be able to use this extension from mobile ! making Plume mobile compatible on both Firefox and Chromium based browsers.
Ma lecture du moment :
Amine Messal ERREUR SUR LA MARCHANDISE
Le néolibéralisme contemporain, récemment dégénéré dans le libertarianisme porté par Javier Milei ou Elon Musk, voue une défiance viscérale à l’idée de la moindre régulation.
Or, l’intuition libérale classique était mue par le refus de l’autoritarisme politique et religieux, des privilèges et de l’arbitraire.
Comment, à l’héritage intellectuel des Lumières, a pu se substituer le sacre de l’égoïsme rationnel, avec une conception de la liberté réduite au seul champ économique ?
Ce renversement absolu a cela de puissant qu’il permet de taxer de « liberticide » toute critique du système capitaliste, en dissimulant son emprise sur nos vies et les menaces réelles qu’il fait peser sur nos libertés fondamentales – d’expression, de mœurs, de circulation, etc.
Là où le libéralisme originel encensait la culture des contre-pouvoirs, le néolibéralisme fanatique – et plus encore le libertarianisme autoritaire qui s’éveille – rêve de monopoles sans limites et d’un exercice tyrannique du pouvoir.
Sans nier les contradictions de l’héritage libéral, Amine Messal revient aux racines de celui-ci et révèle l’arnaque des adulateurs contemporains d’une liberté dévoyée, devenue le moyen d’imposer la loi du plus riche et du plus fort – une perspective en phase avec les idéologies les plus réactionnaires.
Almost happy with my RSS to indiekit / Micropub posts plugin This is how https://indiekit-demo.rmendes.net/ updates work
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L’IA aurait «failli déclencher une guerre» entre les États-Unis et la Chine après avoir écrit un faux rapport de renseignement, selon CNN
Le risque ce n’est pas Skynet ni l’AGI, le risque c’est les humains complètement débile qui utilisent ces outils pour obtenir des effets géopolitiques, commerciaux ou politiques eux-mêmes assis sur une perception du monde en “warp drive” intoxiquée par la désinformation, l’ignorance, la cupidité et la bêtise.
Cool features !
Well, this triggered quite some) reactions :))
ça fait 2 mois que je traîne sur la publication d’un article long format qui pose la question : pourquoi sait-on prévoir mais plus gouverner ? (en rapport avec les incendies de cet été, les manques de moyens chroniques de la Justice, l’absence de moyen pour l’éducation et j’en passe)
J’ai fait plein de recherche, j’ai sourcé mes affirmations, j’ai allongé, raccourcis, comprimé, retiré, j’en suis à plus de 8000 charactères et je ne suis pas content, c’est dur d’écrire en fait.
Et je ne vais même pas aborder le cas de mon livre qui lui est encore à l’état de balbutiement.
I think those that have some education and did not voted for Trump know it very well…?
I meant it in the sense “not doing enough” to resist while people from outside are ?
This is a test from Moshidon ➡️ micropub ➡️ indiekit MongoDB ➡️ Eleventy note ➡️ Syndication to here #fediverse #ActivityPub